Bienvenue dans un monde où tout est possible mais où n’importe quoi est bien plus probable.
Plus approprié pour un grimpeur, j’y comprends que dalle. En principe, je participais à un stage d’escalade. Libéré de surcroît de toutes contraintes, vu que cette année l’organisation de l’aventure incombait à Dorian (tellement merci d’ailleurs). Pas besoin d’avoir étudié 50 topos de voies, ni de connaître le menu de chaque repas à l’ingrédient et gramme près, ni devoir retenir le prénom, le numéro de sécurité sociale et l’arbre généalogique de chacun – Comment elle s’appelle celle-là ? Marie Ange ? Non ! Marie Madeleine ? Zut ! On dira Marie Cailloux, ça ira bien avec l’escalade !
Je suis arrivé comme une petite fleur. Avec mon nouveau baudrier et mes chaussons ressemelés. Et vous savez quoi ? l’Ardèche a été une épreuve d’apprentissage, de galères, de colères et de peur. J’ai enterré mes espoirs sous une montagne de sueur et j’ai signé mon acte de décès sportif : j’étais pas prêt.
Comme tout adulte responsable, d’abord j’ai envisagé de rentrer en train, rendre ma licence au club, et déménager loin. Ainsi les autres n’auront plus que leurs yeux pour pleurer, regrettant amèrement de m’avoir embarqué dans ce plan pourri.
Puis, j’ai remplacé mes pleurs par des sourires, je suis reparti au combat. Étant membre du clan des « tarés », j’avais ramené mon vélo. Me voilà explorant le formidable terrain de jeu qui m’entourait. En mode défonce musculaire, sur des chemins où tu prends un malin plaisir à t’achever : cailloux traîtres, montées sans pitié, descentes qui détruisent les épaules. Le top !
Rien compris, disais-je ? J’ai fait un super stage de vélo. Et là, j’étais prêt ! J’ai tout défoncé.
Encore une petite chose…
Juste dire que ça ne s’est pas si mal passé que ça. Ce fut dur. J’étais loin de mes attentes. J’ai serré les dents et je me suis astreint à grimper tous les jours. Ça m’a permis de retrouver confiance.
Et puis, il y a eu l’initiation à la grande voie où j’ai accompagné Louis pour sa première réussite avec une météo menaçante en plus. Ce jour-là, j’étais bien. Quand on s’occupe des autres et qu’on s’oublie, ça va tout de suite mieux. Grand merci à Romain pour la préparation de cette sortie. RAPPEL-le toi de tout le bonheur que tu nous donnes.


