La petite escapade en Isère.

J’en parle ou pas de celle-là ? Depuis le temps qu’elle a eu lieu. Allez disons que j’ai besoin de seulement 5 minutes pour vous faire rêver.

C’était il y a tellement longtemps! En plein mois de mai, à une époque où l’on commençait tout juste à sortir du confinement. A cette époque (fort fort lointaine) il y avait même un couvre-feu. Rendez-vous compte, nous devions être rentrés chez nous impérativement pour 21h ! Douchés et en pyjama dans la foulée, et au lit pour 22h max (ce détail aura énormément de signification pour l’une des grimpeuses de cette aventure, on en reparlera plus tard…). Effrayant tout ça quand on songe comment vivaient les gens au Moyen Age.

Un petit groupe de 6 grimpeurs motivés comme jamais s’était donc donné RDV dans la petite bourgade médiévale de Crémieux à quelques lieues de Lyon. Ben oui ! Pas plus de 6, le protocole sanitaire ne permettant pas un regroupement au-delà de cette limite. Après des mois enfermés dans un cercle de 10 kilomètres de diamètre ; on s’est bien adapté pour pratiquer pleins d’autres activités aussi diverses que totalement bizarres : running, VTT, renforcement musculaire, bike&run, course d’orientation, randonnées, ouverture de voies, tireuse à bière, apéro, pouponnage pour les jeunes parents, et que sais je d’autres…

Autant dire que, à l’instar de mes partenaires, mon envie était au maximum. Ça tombait bien, car la météo s’annonçait encore moisie pour les 2 jours à venir. Mais là, j’étais prêt à grimper dans n’importe quelles conditions quitte à utiliser les dents, des crampons en métal et des piolets. J’en aurai sué du sang par tous les pores de la peau (ceux qui me connaissent, savent combien je peux être déterminé quand je m’y mets). Et une fois n’est pas coutume : les météorologues c’est tous des cons!

A nouveau, on nous annonçait un déluge. Et vous savez quoi ? Il a plu la nuit et fait soleil le jour ! Si ça ce n’est pas du talent à l’état pur. Et pas qu’un peu (pour le soleil), on a eu bien chaud et la crème solaire n’était pas de trop.

Nous étions hébergés dans le gîte des beaux parents de Loïc (l’instigateur de cette sortie). Avec sa compagne Amandine, nous avons été merveilleusement choyés et même remerciés d’être venu. Quel scandale ! C’est nous qui vous remercions mille fois de votre accueil, c’était exceptionnel. Sérieux ne changez rien !

Et la falaise dans tout ça ? Le site est vraiment beau, c’est bien équipé, et on trouve tous les niveaux et type de grimpe, de quoi satisfaire tout le monde. Et c’est grand, durant ces deux jours on a vu une petite partie des secteurs (en fait on en a exploré un seul). Autant dire qu’on y reviendra.

Et la grimpe dans tout ça ? Pour faire un bon résumé, la motivation y était mais la réalité du terrain était là. Ce fut dur, il a fallu passer en mode courage pour tout le monde. Il y a eu de belles frayeurs (demandez à Lucile comment c’était cette belle faille en 5B avec grimpe en dièdre plutôt engagée sur les pieds), de beaux vols (la palme d’or pour Tristan) et « quelques » cris (je crois que finalement que j’ai vraiment sué sang et eau). Finalement le seul qui a survolé les débats, c’est Théo (condamné à aller récupérer nos dégaines, symbole criant de nos échecs répétés).

Ça c’était la journée du samedi. Et le dimanche me direz-vous, une catastrophe alors ? Que nenni! Quand je dis que le travail paye toujours, là ça s’est vu dès le lendemain. Après avoir repoussé nos limites (surtout mentale), on a vu une belle journée de grimpe. L’émulation qui s’est établie dans le groupe n’y est pas étrangère, la confiance était là et le public (inexistant mais on a fait comme si) a assisté à de belles réalisations (premier 6A en falaise pour Esther). L’après-midi s’achevant par une initiation à la grande voie dont la descente en rappel (un grand moment de solitude pour Lucile quand il a fallu s’élancer de la plateforme).

Et l’anecdote des 22h ? Je termine ce récit  grâce à Esther. J’aime bien mettre en avant les talents cachés de nos grimpeurs. Sachez donc que si vous partez avec cette dernière en voyage, tout s’arrête à cette heure fatidique. Au-delà de cette limite, votre ticket n’est plus valable; élément crucial à prendre en compte dans l’organisation de la soirée. 21h58 ! Elle est toujours là, elle communique avec vous, tout va pour le mieux. 21h59 ! La personne est prise de tremblements et de sueurs froides, signe qu’elle sombre dans les bras de Morphée. 22h ! Gel mental. Blocage de toutes les fonctions de la machine qu’est le cerveau, Esther s’endort et disparait dans son lit. Et surtout, n’essayez pas de la pousser au-delà, vous risqueriez de réveiller le démon du sommeil tapis en elle; on a tenté de la pousser jusqu’à 22h03, je crois qu’on a failli mourir ! (Ne t’inquiète pas Esther; il y a  quelques potins sur moi dans l’article de Lucile sur la sortie grande voie de juin).

Et voilà le petit album photos du séjour :

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