Echelle de Chop

En dehors de l’échelle de cotation de difficulté des voies ou bloc, le grimpeur a une capacité très subjective à évaluer ses performances ou celles de ses congénères. Lorsque celui-ci finit une voie, il se sent obligé d’en faire un commentaire : lorsqu’il aura réussi intégralement la voie, il affirmera systématiquement que la voie est “Majeure”, “Collector”, “Mythique” ou “Ultime” mais lorsque celle-ci l’aura vue choir, cette voie sera une véritable “merde”, une “bouse mal équipée” et il aura alors tendance à trouver les pires excuses en insultant à la fois l’équipeur, l’assureur ou la tendinite qui lui fait encore souffrir les doigts depuis 3 ans.

 

 

Pour pallier ce manque, voici donc l’échelle de chop qui permet de juger de la beauté de la performance du grimpeur, et accessoirement de départager les gens en cas de conflit quant à savoir qui l’a « sorti » le mieux (le bloc ou la voie j’entends). Cette grille est totalement subjective mais c’est tant mieux, il est recommandé de sous-évaluer autrui et bien sûr d’en ajouter un peu plus pour soi. La règle est simple pour valider un niveau, il faut répondre à tous les critères. Si, par malheur, vous tombez dans un des crans inférieur vous cotez immédiatement dans ce dernier.

 

 

Bonne chance.

 

 

 

Cotation Le sanglier (ou niveau 0) Pas beau Beau Chopissime
Réussite. Voie ou bloc raté. Trop la honte tellement c’est moche. Voie ou bloc achevé mais « à l’arrache ». Voie ou bloc réussi avec lucidité. Voie ou bloc vaincu par KO par le grimpeur.
Beauté. Esthétique minable : minable de chez minable, le grimpeur est en mode cachalot paraplégique aisément reconnaissable par des gestes techniques très spécifiques telle la reptation sur le rocher, l’utilisation d’un genou, le tirage au clou, l’usage d’une dégaine panique, etc…

 

Esthétique médiocre : gestuelle limitée sans originalité. Le grimpeur fait preuve d’amour-propre afin de ne pas utiliser de geste interdit par le code d’éthique de l’escalade.

 

Esthétique agréable :

grimpe dans l’esprit de la voie ou du bloc en produisant les gestes techniques appropriés. La performance produite devient une source d’inspiration et de réflexion pour ceux qui vont suivre.

 

« Beau comme Chop » : le grimpeur est un parent proche de Spider-Man. Il utilise un panel de geste technique incroyable, les prises de risque sont exceptionnelles et maitrisées. Cet état de grâce n’est pas à confondre avec le « beau comme Christophe » qui consiste à se déshabiller de façon outrancière et fortement prétentieuse

 

Lecture. Cécité totale dans la lecture : le grimpeur a récemment été ampute de ses pieds, les prises de mains sont plus qu’approximatives étant donné que les doigts de celle-ci se sont soudés les uns aux autres la nuit précédente. Lecture approximative : le grimpeur ressemble à un culbuto (tâtonnement et rééquilibrage permanent conséquence de  prises mal choisis).

 

Lecture correcte : le grimpeur utilise efficacement l’ensemble des prises disponibles. Les choix de ce dernier sont reconnu par des regards satisfaits et bienveillants des autres restés au sol. Lecture intuitive : le grimpeur connaît son itinéraire avant même de s’y engager. Il ne grimpe pas, il conquiert sa voie.

 

Qualité physique. Le grimpeur hurle sa douleur en pleine voie : il utilise la technique du sanglier mort, une oreille avertie pourra entendre un ensemble de sons variés comme des grognements, couinements, ahanements, grincements, cris, flatulences et diverses lamentations. Bref de quoi faire fuir tous les animaux de la forêt.

 

Montée énergivore et non silencieuse. Le grimpeur conditionne la réussite de son « exploit » sur son mental. L’arrivée du sommet ou la sortie du bloc est vécue comme une délivrance souvent ponctuée d’un cri rageur spécifique (POOOO !!!!) « Tout est sous contrôle » : le grimpeur peut envisager de finir la journée sans avoir des bouteilles à la place des bras ainsi qu’un taux de réussite satisfaisant.

 

Promenade de santé : aucune émotion n’est lisible sur son visage excepté une plénitude totale. Souvent accompagné d’un commentaire tel que « c’est ça le pas dur ? » provoquant le désarroi le plus total au sein du groupe de ceux qui sont déjà passés.

 

Continuité. Montée interminable : celle-ci n’est qu’une suite d’hésitations, d’échecs et de « SEC BORDEL ! » ; D’un ennui monstrueux pour les spectateurs, elle fait passer un championnat de gobage de Flamby  comme un évènement totalement exceptionnel. Montée irrégulière : le grimpeur fait des interruptions dans son périple comme précédemment mais en restant dans la limite du raisonnable. L’attention des autres étant captivée par le suspense résultant de la capacité du grimpeur à aller au bout de lui-même. Evolue à une allure régulière. Pas d’échec, pas de « sec », que des points de moindre effort. Les applaudissements ne sont pas loin… Accélère dans les passages faciles, ralenti dans les difficultés pour laisser la foule admirer le spectacle. Les cris fusent, les banderoles sont de sortie, les femmes s’évanouissent, les hommes pleurent…

 

 

 

La légende raconte qu’il existe un cinquième niveau, on trouve des références de celui-ci dans la Bible de l’escalade de JJack qui rappelle une époque lointaine où les grimpeurs n’escaladaient qu’avec une corde de chanvre et un clou sur la paroi tous les 10 km et « c’était pas des chochottes comme ceux de maintenant ». Enfin, je remercie ce grimpeur mythique du GEST 77, que certains d’entre nous soupçonnent de n’être pas tout à fait humain, de m’avoir autorisé à utiliser son nom pour cette échelle.

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